Le 23 janvier, le trio rouennais Massue a dévoilé son premier EP, une sortie attendue qui confirme tout le potentiel du groupe. Disponible en digital sur les plateformes de streaming, mais aussi en CD et K7, ce format physique fait sens : la musique de Massue se manipule, se collectionne, se vit autant qu’elle s’écoute.
L’EP se compose de quatre titres :
- Primitive Swamp
- Mirage
- Incantation
- Confess
Quatre morceaux, pas un de trop. Quatre blocs compacts, pensés comme un tout cohérent, où chaque titre a sa place et son rôle.
Dès les premières secondes, Massue pose son univers : sale, lourd, organique, sans jamais tomber dans la caricature. Le sludge proposé ici oscille entre violence frontale et écrasement lent, avec une vraie maîtrise des dynamiques. Le groupe joue sur les contrastes, alterne entre accélérations abrasives et passages plus pesants, presque suffocants.
Mirage – Le titre qui s’impose comme une évidence
Parmi ces quatre morceaux, Mirage s’impose immédiatement comme un véritable coup de cœur.
Un titre qui ne cherche pas à séduire à tout prix, mais qui s’installe, qui prend son temps, et qui finit par marquer durablement.
La production est clairement l’un des gros points forts de cet EP. Tout est lisible, puissant, sans être aseptisé : la basse est ronde, grasse, parfaitement mise en avant. La batterie est massive, précise, et apporte une vraie respiration aux morceaux. La guitare sature sans noyer le reste, avec un grain épais et rugueux.

Sur Mirage, les changements de tempo arrivent sans prévenir. Ils sont bruts, parfois déroutants, mais toujours justes. Rien n’est gratuit : chaque rupture sert la tension du morceau. On sent une vraie réflexion sur la construction, avec cette impression permanente que le morceau peut basculer à tout moment.
Résultat : Mirage a naturellement rejoint ma playlist des favoris, et c’est clairement le titre qui donne envie de replonger dans l’EP, encore et encore.
Une release party au Fury Bar – 24 janvier
Pour célébrer cette sortie, Massue a organisé sa release party le 24 janvier au Fury Bar, un lieu parfaitement adapté à ce genre de musique. L’affiche annonçait une soirée dense et cohérente, avec trois groupes aux univers distincts mais complémentaires :
- Massue (Sludge / Doom – Rouen)
- Nvage (Sludge Gaze – Paris)
- Bank Myna (Atmospheric Doom / Ritual slowcore – Paris)
Massue – Un set massif, sans temps mort
Massue ouvre la soirée. Et très vite, une chose est claire : le temps va passer très vite.
Le trio enchaîne les morceaux avec une efficacité redoutable. Pas de blabla inutile, pas de pauses superflues. Juste du son, des breaks, et une pression constante. Le son est excellent. Puissant, équilibré, lourd comme il faut. Chaque instrument trouve sa place, et l’ensemble frappe fort sans jamais devenir brouillon. Les breaks sont parfaitement placés, les montées en tension font leur effet, et les titres prennent une nouvelle dimension en live.
=> Lourd. Lourd. Lourd.
Setlist de Massue :
- Primitive Swamp
- Mirage
- Into The Mass
- Glacier
- Incantation
- Coup de Massue
- Confess
Un set qui confirme ce que l’EP laissait déjà entrevoir : Massue est un groupe taillé pour la scène, capable de tenir un public en apnée du début à la fin.
Nvage – Une atmosphère froide et oppressante
Nvage prend ensuite le relais, et impose immédiatement son univers. Lumières bleues, ambiance tamisée, scène envahie par la fumée : tout est pensé pour plonger le public dans une atmosphère froide, presque industrielle. Musicalement, le duo frappe juste
Les morceaux sont denses, lourds, portés par un chant puissant et habité. On est à la croisée du sludge et d’une forme de gaze sombre, avec une tension permanente qui transforme l’ambiance du Fury.Leur set modifie clairement la perception de la soirée : on quitte la brutalité frontale pour quelque chose de plus introspectif, plus pesant, sans jamais perdre en intensité.

Bank Myna – Une clôture rituelle et hypnotique

Le public est progressivement happé, transporté dans une sorte de transe psyché, sombre et émotionnelle. Un live qui ne cherche pas l’impact immédiat, mais qui s’installe durablement, laissant une impression forte bien après la dernière note.
Pour conclure la soirée, Bank Myna installe une ambiance totalement différente, mais tout aussi marquante.
Ici, on est dans le rituel, dans la lenteur, dans la tension qui s’étire. Le violon, le clavier, les guitares ultra saturées et la basse omniprésente construisent un mur sonore hypnotique.
Conclusion
Cette release party est une vraie réussite. Trois groupes complémentaires, une ambiance cohérente du début à la fin, et surtout un premier EP pour Massue qui confirme que le trio a beaucoup à dire et surtout les moyens de le faire.
Une soirée qui rappelle que le doom et le sludge sont avant tout des musiques de sensations, de live, et que la scène locale a encore de très belles choses à offrir.
Rédaction : Arnaud ADRIEN
